lundi 20 octobre 2014


"Jaillissant des entrailles de la nuit, tu m'es apparu, toi le conquistador harnaché d'un sourire ardent, et j'ai pâli ... j'ai compris que sans toi, ma vie allait être sans vie, que tes bras seraient le seul brasier qui consumerait mon attente. Alors j'ai bravé les interdits, j'ai fait fi des non-dits et fui ceux qui tentèrent de me prémunir de toi. Les précipices que mon cœur côtoie en suivant ton bon plaisir m'enivrent bien plus que ces prés aux ruminants qui mastiquent impassiblement leur bonheur de pacotille . "

"Ton amour est ce magicien qui enchante chaque saison de ma vie. Il est la fourrure que l'hiver dépose sur mes épaules , le souffle de la brise printanière qui caresse mon cou, l'écume des vagues qui effleure mon visage en été , et les pluies qui irriguent ma mélancolie en automne."
"Tu es ce thaumaturge qui transmue mon sang en encre et ne cesse de noircir les pages blanches de ma vie ."
"Sur cette toile opaque où se tisse l'éphémère, je lance mes fusées dans ton ciel étoilé, et allume des brasiers pour t'ériger à l'immortalité."

"Sirène égarée dans les eaux glaciales des contrées boréales, tu m'as recueillie sur ton voilier spectral , hirondelle de mer glissant silencieusement sur l'onde. Depuis , moi à la proue , toi à la poupe , nous sillonnons les océans , portés par l'indolent zéphyr , cinglant paisiblement vers les terres australes ."
"L'extase, je la goûte chaque nuit en t'enlaçant de mes bras de sirène dans les bas-fonds limpides de mon inconscient."
"Toi, le pécheur impénitent, je te bénis et crucifie dans les élans d'une passion aussi profonde que l'océan".

"Sur les ondes de tes fantasmes, de néréide je m'anamorphose en hamadryade, et emprisonne de mes bras de lierre le tronc de ton corps d'Apollon.

"Chaque matin, l'aube dépose un voile viride sur ton corps viril, et il me faut attendre les ombres fuligineuses de la nuit pour guerroyer avec toi, Ô superbe Ares, dans le lit tumultueux du torrent de ma passion. "

"Les jours déferlent comme les notes de musique d'une symphonie qui ne s'achèvera jamais. La mélopée de mon haut-bois d'amour se heurte à la stridence de tes cors, comme l'étreinte impossible de deux amants improbables . "

"Je vogue vers le large, à la proue d un vaisseau peuplé de toi et de tes avatars. Je ne désire pas atteindre de rivage. Il me suffit que les vagues me tendent leurs miroirs où se reflète ton visage de Sardanapale . "
"Chaque jour, religieusement, j'ouvre le bréviaire des heures pour y graver mon coeur enchaîné au tien. Et je le referme, chaque nuit, appréhendant le jour où tu me délivreras pour emprisonner le coeur d'une autre."
" Tes yeux silencieux , je les ai percés à jour, mon amour. Tu les as bâillonnés pour assassiner les hurlements qui me les rendent si intenses ..."
"Ton corps d'enfant immense, je rêve de le porter, assoupi et inerte, dans la tendresse de mes bras, cependant que mes yeux déposeraient, sur ton visage de marbre, la douceur douloureuse de mon absolution."
"Mon cœur est un brasier que les larmes du temps alimentent implacablement de ton absence ."
"Narcisse, tu es et demeureras; et ma voix, voluptueuse comme celle d'Echo, résonnera dans les cavités de ton impuissance à combler mon attente."
"Né de ton amour mort-né, le chagrin fait tanguer les vaisseaux de mon âme partie à la conquête de ton cœur en cavale . Et tout m'est égal pourvu que la cicatrice de tes lèvres glaciales vienne marquer mon front de son ardeur sépulcrale ".
"L'amour est ce doux acide qui dissout le barrage de notre peur de vivre, pour ouvrir, en nous quittant , l'écluse de nos pleurs infinis . "
"Chaque soir, je me mets au balcon de ma vie et contemple le paysage des heures que j'ai tissé de mon amour pour toi sur l'étendard de mon espoir . Que m'importe si les bacchantes de la nuit dépècent mon ouvrage! L'aube naissante et sa palette flamboyante me consoleront toujours de ton départ . "
 
"Aujourd'hui , Tu m'as transpercé le cœur .
Mais sais-tu seulement ce qu'est un cœur ?

Mon cœur à moi était rempli de toi .
Il portait en son ventre un bonheur ingénu , dont tu n'as pourtant pas voulu .

Ta main froide , lentement , a enfoncé la lame , toute inondée de mes larmes .

Mon cœur , tu l'as assassiné .Et les rivières de sang qui ruissellent dans mes veines se glacifient d'horreur devant mes pleurs de douleur qui débordent des amphores de mes mains de crucifiée . "


"Quand je serai poussière , souviens-toi de moi en qui tu fis naître la lumière, même si elle fut éphémère . Et ne crains plus les ténèbres! Ils sont l'écrin de ma clarté, le suaire de mon calvaire, la patrie de ma mélancolie où je cultive les ancolies pour me guérir des maléfices de cet amour putride."

"Aux confins du monde, là où le soleil se mire dans la banquise opalescente, j'irai déposer mon étincelle dans un cercueil de glace ".

"Un soleil aveuglant éclipse les contours de ton visage, me guérissant de mon aveuglement. Est-cela , ne plus aimer ? Préférer l'éblouissement du soleil à celui de l'être aimé ? "